Description de la photo : L’Université de Saint-Boniface.
Le Réveil s’est entretenu par téléphone avec Robert-Falcon Ouellette, professeur agrégé à l’Université d’Ottawa d’origine Crie et Métis qui a longtemps ouvré dans le domaine de l’éducation et qui a entre autres, précédemment occupé le poste de directeur des programmes autochtones à l’université de Manitoba. Lorsque nous avons discuté au sujet des incultures des étudiants vis-à-vis un manque de cours et d’espace autochtone il a dénoncé un « protectionnisme » au sein des institutions franco-manitobaines vis-à-vis les réclamations d’autres groupes. Même s’il explique qu’il est selon de nature bienveillante. C’est à dire que bien qu’ils n’aient pas une haine envers ces groupes, les initiations sont souvent soucieuses d’une plus grande marginalisation ce qui peut les rendre hésitant d’accordé une place à d’autres groupes.
M. Ouellette déplore que les universités canadiennes, et particulièrement francophones, se retrouvent dans une situation, ou il n’est pas toujours facile d’assurer le financement pour mettre en place des indicatives autochtones. Lors qu’elles peinent à recruter des professeurs autochtones avec les compétences nécessaires pour enseigner des cours discutant de leur réalité.
M. Ouellette soutient que la mise en place d’un centre autochtone pour les membres de la population étudiante représente, à tout le moins, un geste de base que devrait poser toute université pour mieux les accompagner.
L’USB, la mauvaise élève des universités manitobaines?
Des espaces autochtones existent au sein de la majorité des établissements postsecondaires au Manitoba, notamment à l’Université du Manitoba, à l’Université de Winnipeg, à l’Université de Brandon, au University College of the North et au Red River College.
L’USB se retrouve ainsi la seule institution postsecondaire d’importance à ne pas disposer d’un espace autochtone ni de services destinés à la population autochtone.
L’USB ne compte d’ailleurs aucun membre du personnel chargé des initiatives autochtones.
À titre de comparaison, l’Université du Manitoba, bien qu’elle possède beaucoup plus d’étudiants, possède même un vice-rectorat aux affaires autochtones, responsable de la mise en œuvre de sa stratégie institutionnelle en la matière.
Pourtant, ces établissements affichent tous un pourcentage similaire d’étudiants et d’étudiantes autochtones, avoisinant les 10 % de leur effectif total. L’université College of the North est une exception à cette règle avec corpus estudiantine composé de à 70% d’étudiants autochtone.
Dans plusieurs établissements, les espaces autochtones permettent aux étudiants et étudiantes de se réunir dans un environnement sécuritaire et offrent divers types de soutien.
Ils servent aussi de lieux où la communauté universitaire peut en apprendre davantage sur les peuples autochtones au Canada et où sont coordonnées des initiatives de réconciliation.
Par exemple, la Canadian mennonite université, de taille comparable avec l’université de Saint-Boniface, possède un espace qui permet entre autres de faire des cérémonies de purifications ou sert de lieu d’accueil pour des ainées.
À l’USB, toutefois, l’absence de tels espaces et services se fait sentir. Le Réveil s’est entretenu avec Téo Roy, un étudiant Métis, qui affirme que le manque de programmation et d’accompagnement l’a souvent obligé à expliquer lui-même la signification de la Journée du chandail orange. Selon lui, une majorité d’étudiants participent aux activités sans vraiment en connaitre le sens.
Téo Roy demande que l’USB accompagne mieux ses élevés. Il veut par exemple, que l’USB élabore « un cours obligatoire sur l’histoire des peuples autochtones »
L’USB se défend
En réponse à nos propos la directrice du Bureau des communications, Nathalie Roche explique dans un courriel que L’USB s’est engagée dans un processus de réconciliation avec la signature de diverses ententes promettant d’agir aux appels à l’action rédigés par la Commission de la vérité et de la réconciliation.
En 2013, l’établissement a réitéré cet engagement en devenant signataire du Plan d’action pour l’éducation autochtone, qui vise à « accroitre l’accès aux services, programmes et appuis destinés aux étudiantes et étudiants autochtones afin d’établir et d’assurer un environnement d’apprentissage propice à la réussite ». En 2017, l’USB a également signé l’Entente relative aux Autochtones de Winnipeg.
Elle explique que l’USB possède un Réseau des Ainés « qui contribue à sensibiliser la population étudiante et les membres du personnel et du corps professoral aux enjeux autochtones »
Malgré l’absence actuelle d’un espace autochtone sur le campus, Nathalie Roche, assure que l’USB lancera « sous peu un espace de vérité et réconciliation ».
Mme Roche souligne aussi la création de lieux désignés, à l’intérieur comme à l’extérieur, « pour accueillir des cérémonies de purification ». Elle affirme que l’USB maintient un « engagement continu à développer un environnement universitaire inclusif et respectueux des différentes identités et expériences au sein de notre communauté éducative ».
Signature : Beaudry Labossière, blaboss2@monusb.ca
Mention de la source de photo : Beaudry Labossière

