Description de la photo : L’affiche officielle annonce la nouvelle création théâtrale Une symphonie banale, présentée par la troupe Les Chiens de soleil dans le cadre du Mois de la Francophonie.
Mention de source : Aline Fréchette-Halischak
La troupe Les Chiens de soleil présentera sa nouvelle création intitulée Une symphonie banale pour le mois de la francophonie. Les représentations auront lieu le 19 et 20 mars à l’Université de Saint-Boniface, dans la salle Martial-Caron. Le spectacle, totalement gratuit et accessible à tous, repose sur une création collective adaptée à la réalité étudiante et sur une démarche artistique axée sur l’exploration des limites personnelles.
Une troupe au fonctionnement particulier
Philippe Habeck, responsable de la mise en scène, en est à sa deuxième année avec la troupe. Il décrit Les Chiens de soleil comme un groupe qui fonctionne différemment du milieu professionnel. « Ce n’est certainement pas une troupe professionnelle, c’est un peu comme un club », explique-t-il. Les membres sont majoritairement étudiants, ce qui influence la manière de travailler.
Une pièce hybride construite autour d’un thème
La forme du spectacle découle de cette réalité. « Cette année, on a décidé de faire une pièce hybride », indique Philippe Habeck. Plutôt qu’une histoire linéaire, la troupe a choisi une structure thématique, ce que Philippe Habeck précise ici : « On a un thème. On a choisi des scènes classiques, par exemple de Molière, qui fonctionnaient avec ce thème. Et j’ai demandé à tous les comédiens d’écrire un monologue en lien avec cette idée. »
Le résultat est une succession de scènes reliées par un fil conducteur. « Ce n’est pas une pièce avec un début, un milieu et une fin. Ce sont des scènes nettes, mais un thème traverse l’ensemble. », explique Philippe.
Le défi des horaires
L’organisation demeure le principal obstacle. « Le plus grand défi a toujours été de fonctionner autour de leur horaire », souligne le metteur en scène. Entre les cours et le travail, il est difficile de réunir tout le monde. « Trouver un moment où tous sont disponibles, ce n’est pas simple. »
Pour s’adapter, plusieurs scènes sont jouées en petits groupes. « Souvent, ce sont des scènes à deux ou trois personnes. On peut donc se rencontrer en petits groupes, et ça aide beaucoup. » Il préfère ne pas détailler le thème : « L’affiche et le visuel vont parler d’eux-mêmes. »
Le théâtre comme espace de dépassement
Au-delà de l’aspect amoureux souvent mis en avant, la pièce explore des thématiques plus profondes liées à l’identité et à l’adaptation. Tali Beu, comédienne, explique que son engagement est lié à son parcours. « C’était d’abord la solitude en arrivant dans un nouveau pays », dit-elle. Passionnée de chant, elle voit dans le théâtre une extension naturelle et sa fibre artistique : « Je me suis dit que le théâtre et la musique pouvaient se compléter. C’était aussi une curiosité de voir jusqu’où je pouvais aller. »
Elle décrit une expérience exigeante : « Prendre le rôle de quelqu’un d’autre, s’approprier un personnage, c’est beaucoup de travail. Mais ce sont des défis qui te poussent à dépasser certaines limites de toi. » Certaines scènes ont représenté un choc culturel : « Quand on te dit que tu dois embrasser quelqu’un que tu ne connais pas, ça fait un choc. Chacun vient avec sa culture. »
Dans la pièce, elle joue plusieurs rôles : « Je serai narratrice, puis un autre personnage, et aussi une femme mariée qui vit un conflit amoureux. » Elle souhaite que le public retienne « ma polyvalence et ma capacité à affronter des défis. »
Un rendez-vous communautaire et accessible
Le point d’orgue de ce projet se déroulera les 19 et 20 mars à la salle Martial-Caron de l’Université de Saint-Boniface. Pour l’occasion, les écoles de la région sont invitées à se déplacer directement sur le campus pour assister aux représentations. L’événement est entièrement gratuit, une décision cruciale pour encourager la participation de la jeunesse et de l’ensemble de la communauté.
En plus de l’invitation faite aux écoles, la troupe a prévu deux présentations spéciales au sein de la salle Martial-Caron, spécifiquement dédiées aux étudiants et aux professeurs de l’université. Ces séances permettront un échange privilégié autour de cette œuvre hybride qui célèbre la résilience et la créativité étudiante, offrant un moment de partage culturel unique au cœur de l’institution.
Signature : Stéphanie Mangwengwe smangwen@monusb.ca

