Le Réveil s’assoit avec Renée Cable

Description de la photo : Renée Cable

Crédit photo : Renée Cable / Assemblée législative du Manitoba

 

À l’occasion de la rentrée d’hiver, Le Réveil a voulu prendre rendez-vous avec la ministre de l’Éducation postsecondaire et de la Formation, Renée Cable élue de Southdale depuis 2023 afin de comprendre davantage la position de la Province sur plusieurs questions. Le 22 janvier 2026, nous avons parlé francophonie, réconciliation et bien plus encore

Comment le gouvernement du Manitoba réfléchit-il à la position de l’Université de Saint-Boniface dans son projet de faire du Manitoba une province véritablement bilingue?

L’Université de Saint-Boniface est centrale à notre plan de faire du Manitoba une province véritablement bilingue. Les diplômés de l’Université soutiennent non seulement la communauté francophone, mais aussi l’ensemble des Manitobains, et, de plus en plus, dans des secteurs où nous savons qu’il est important d’offrir des services en français, comme la santé, l’éducation et les sciences sociales. L’Université de Saint-Boniface est un modèle de leadership pour nous, et le gouvernement fédéral peut nous aider à réaliser notre projet de faire du Manitoba une province véritablement bilingue.

Est-ce que le gouvernement compte s’appuyer sur l’Université pour bonifier son personnel bilingue

Nous avons augmenté le nombre d’étudiants inscrits dans les écoles d’immersion de la maternelle à la douzième année, ce qui est fantastique. C’est fantastique de voir que les parents souhaitent que leur enfant connaisse les deux langues officielles, même si leur famille n’a pas nécessairement une relation historique avec le français, ce qui veut dire que, pour appuyer ces personnes dans leur parcours postsecondaire, nous avons besoin d’un endroit pour elles. Ce qui veut dire que l’USB va être essentielle pour assurer la formation de ces personnes et s’assurer que nous pouvons grandir et nous adapter à l’agrandissement de notre francophonie, notamment parce que que l’immigration de pays africains d’expression française a un impact très bénéfique sur la communauté francophone manitobaine.

Est-ce que le gouvernement du Manitoba planifie de rétablir l’accès à l’assurance médicale pour les étudiants internationaux au Manitoba?

Oui, absolument. C’était une promesse lors de la campagne électorale, c’est dans mon mandat. Je travaille présentement sur ce projet avec l’Office de la santé, des Ainés et des Soins de longue durée.

B : Est-ce que vous avez un échéancier?

RC : Je ne peux rien promettre au-delà de ce mandat.

B : Prochaine élection?

RC : Avant la prochaine élection.

Quel est le rôle que jouent les universités dans le processus de vérité et de réconciliation?

Elles jouent un rôle crucial. Pour citer le feu sénateur Murray Sinclair, « l’éducation nous a mis dans ce pétrin, l’éducation va nous en sortir ». Quand je regarde la façon dont l’éducation a affecté des vies, c’est phénoménal. De plus en plus d’Autochtones s’inscrivent à l’université. Nous avons mis en place de nombreuses initiatives pour faciliter cela. Par exemple, nous avons bonifié de 500 000 $ notre programme de bourses pour les étudiants autochtones. Plusieurs institutions ont aussi des programmes qui permettent une transition aisée vers le postsecondaire. L’Université de Winnipeg (UofW)et University College of the North (UCN) ont toutes les deux des programmes en langues autochtones. Nous nous sommes assurés que les crédits accumulés à ces institutions sont reconnus à l’échelle de la province, et nous sommes en train de codévelopper une législation pour les reconnaitre comme institutions officielles au Manitoba.

B : Pour ce qui est de l’appel à l’appel à l’action numéro 16, qui demande aux institutions postsecondaires de créer des programmes et des diplômes collégiaux et universitaires en langues autochtones, est-ce que vous planifiez étendre les programmes à l’UofW et à UCN à d’autres institutions, et d’offrir le michif à l’USB par exemple?

RC : Ce serait bien. Les pouvoirs législatifs nous empêchent de forcer le développement de programmes; cette responsabilité revient aux institutions. Mais nous allons continuer de soutenir les institutions qui choisissent de développer ces programmes.

B : Est-ce que le gouvernement a songé à mettre de l’argent de côté pour permettre aux universités de développer des programmes ou des initiatives pour les peuples autochtones?

RC : C’est une idée intéressante. Traditionnellement, ce n’est pas de cette façon que les universités ont reçu leur financement. Le financement des universités se fait selon les programmes. Si c’est une priorité de l’institution, elles vont nous le dire, et cela sera pris en compte dans le processus de création des budgets. Mais c’est une priorité pour notre gouvernement, et cela aide. Nous avons embaiché un sous-ministre adjoint à l’excellence autochtone en éducation, Jackie Connell, et celle-ci travaille sur de nombreuses initiatives. Une partie du travail est donc de faire avancer les dossiers afin qu’ils se retrouvent sur nos bureaux.

Comment le gouvernement du Manitoba s’assurera-t-il que les nouveaux diplômés des universités manitobaines puissent connaitre du succès au Manitoba et comment le gouvernement planifie-t-il retenir le talent francophone au Manitoba?

Franchement, on veut que tout le talent francophone reste au Manitoba, mais il n’y a pas de stratégie formelle en place. Est-ce que nous pouvons vous revenir sur cet enjeu? Il est possible qu’une telle initiative provienne du bureau du ministre Simard ou du ministre Moses. Nous allons vous revenir là-dessus. Nous sommes toujours à la recherche d’enseignants, par exemple, et nous espérons que les actions de notre gouvernement pour assurer le respect des droits de la personne et notre attitude progressive attirent les gens au Manitoba et les encouragent à y rester.

Est-ce que le gouvernement du Manitoba compte investir davantage dans l’Université de Saint-Boniface afin de créer de nouveaux programmes, comme la médecine, le droit, le journalisme et d’autres, en français?

L’autonomie institutionnelle joue un rôle de premier plan ici. Ultimement, l’USB décide de ce qu’elle enseigne. Cela dit, nous voulons qu’il y ait plus d’opportunités d’apprendre les deux langues officielles. Nous développons aussi des partenariats avec d’autres institutions, par exemple l’Université du Manitoba (UofM)et l’UofW Mais il faut aussi se rappeler qu’il y a une part d’économie d’échelle à laquelle nous devons réfléchir.

Est-ce que le gouvernement du Manitoba compte faire en sorte que les étudiants n’aient plus l’obligation de consulter les services de santé pour obtenir une note de médecin afin de justifier une absence ou un retard pour un examen ou un travail, comme cela est couramment demandé? Cette même décision a été faite pour les employées qui travailles auManitoba.

Je peux mentionner ce problème aux présidents des universités lors de notre prochaine réunions, mais ils sont ultimement être responsables des politiques de leurs institutions. Mais c’est une bonne réflexion, et tout ce qu’on peut faire pour s’assurer que les médecins puissent se concentrer sur leur travail est important.

 

Merci pour votre temps.

Signature : Beaudry Labossière

Contact : blaboss2@monusb.ca

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