Description de la photo : Anne-Sophie Régnier
Crédit photo : Anne-Sophie Régnier/LinkedIn
Le changement climatique est un enjeu d’importance capitale qui touche tous les secteurs de la société. Le Réveil a voulu s’assoir avec Anne-Sophie Régnier, ancienne diplômée de l’Université de Saint-Boniface (baccalauréat ès arts, concentration en relations internationales, 2025), afin de donner la parole à celles et ceux qui s’activent pour le bienêtre climatique. Anne-Sophie Régnier a longuement été actif dans la lutte contre le changement climatique, elle est impliquée dans nombreuse organisations dédié a lutté contre le changement climatique, dont Climate Action Team. Elle est également Co-hôte du Balado « conversations climatiques » sur envol 91,1fm et vos plateformes audio préférées.
Le Réveil : Pourquoi as-tu commencé à t’impliquer dans l’activisme environnemental?
Anne-Sophie Régnier (A.-S. R.) : Premièrement, je trouve qu’il y a une certaine résistance à s’appeler « activiste », surtout avec les médias sociaux et l’image qu’on se fait de ce qu’est un activiste. Mais pour moi, je dirais que j’ai vraiment commencé à m’impliquer lors de la grande vague des Fridays for Future[1], vers 2018.
J’ai commencé à lire sur le sujet et j’ai réalisé l’importance de lutter pour l’environnement. À partir de ce moment-là, ça a toujours été un aspect important de ma vie. J’ai participé à des clubs, par exemple. Parfois je suis moins impliquée, d’autres fois, c’est vraiment central dans ma vie et dans ce que je fais. Mais cela étant dit, les enjeux environnementaux ont toujours été importants pour moi.
Le Réveil : Quelles sont certaines des idées préconçues que les gens ont de l’activisme?
A.-S. R. : Une idée préconçue, je trouve, c’est de penser que tout le monde qui est impliqué dans l’activisme aime ça. Il faut certainement avoir un intérêt pour le sujet, mais je dirais aussi que s’impliquer dans l’activisme vient souvent d’un sentiment de responsabilité face à sa place dans le monde.
Une autre idée préconçue est de penser que nous avons les réponses à toutes les questions. Par exemple, lorsque je fais des entrevues et qu’on me pose une question, parfois je ne sais pas quoi répondre. Je ne suis pas experte en science environnementale, par exemple. Cette idée met beaucoup de pression sur les activistes et peut faire en sorte que des gens hésitent à se joindre au mouvement. Il faut simplement être assez confiant pour savoir que ce pour quoi tu luttes est important.
La première étape est d’intéresser les gens à ces questions, puis de savoir les diriger vers les bonnes ressources. Mais tout commence au niveau personnel : en parler avec sa famille, ses amis, etc.
Le Réveil : Si tu avais une baguette magique, quel est le premier changement que tu ferais?
A.-S. R. : Augmenter le niveau d’empathie que nous avons pour les autres, pour les animaux et pour l’environnement.
Je pense que si nous avions plus d’empathie, il serait plus difficile d’accepter les injustices dans ce monde. Dans les médias, on voit tellement de polarisation. Avoir plus d’empathie faciliterait la communication entre les êtres humains.
Le Réveil : Quel est le rôle du gouvernement dans la lutte contre le changement climatique?
A.-S. R. : Il y a plusieurs réponses techniques à cette question, mais je trouve qu’une des choses que le gouvernement peut faire est de prendre plus au sérieux les inquiétudes des gens face au changement climatique.
Lorsque nous regardons les sondages, nous voyons que, même si ce n’est pas toujours la première des priorités, cela demeure une priorité importante pour plusieurs personnes. Le gouvernement doit donc tenir cela en compte. Il faut que les gouvernements s’attaquent sérieusement au problème et envisagent des solutions à long terme.
Le Réveil : Quel est le rôle des jeunes?
A.-S. R. : Je pense qu’il y a ce sentiment que les jeunes vont tout régler, mais je crois qu’il faut aussi mettre davantage de pression sur les adultes, parce que ce sont eux qui ont le pouvoir, qu’on le veuille ou non.
Pour moi, le rôle des jeunes est aussi de garder espoir. Cela peut vouloir dire se déconnecter des médias négatifs et s’engager progressivement dans la communauté. Je pense que ce serait une bonne chose.
Sans espoir, c’est difficile de continuer à se battre. L’espoir joue donc un rôle crucial.
Le Réveil : Quelle place prennent l’éducation et les établissements d’enseignement dans la sensibilisation et la lutte contre les enjeux climatiques?
A.-S. R. : Je pense que la conversation doit être plus structurée dans les écoles. En ce moment, c’est souvent laissé à la discrétion des professeurs. L’éducation au changement climatique est tellement importante. Il existe des groupes qui militent pour l’inclusion de cours spécifiques dans les programmes scolaires, par exemple.
Les établissements d’enseignement doivent aussi développer des initiatives institutionnelles claires.
Ils devraient également être plus sélectifs quant au type d’organisations dont ils acceptent le financement, afin de ne pas donner une validation sociale à des compagnies ou organisations qui jouent un rôle important dans le changement climatique.
Enfin, les établissements scolaires doivent inclure les enjeux environnementaux dans leurs axes stratégiques et prendre réellement cet enjeu à cœur, puisqu’il touche de nombreux aspects de la société.
Le Réveil : Comment s’impliquer? Où peut-on te suivre ou t’écouter?
A.-S. R. : [Le balado] Conversations climatiques est une bonne plateforme pour nous écouter, même si nous avons pris une pause pour le moment.
Mais tout commence localement, dans des discussions autour de la table de cuisine, par exemple.
Le Climate Action Team est aussi un bon organisme. Ils sont très bons pour offrir une introduction à l’activisme climatique. Plus je m’y suis impliquée, plus je me suis sentie inspirée, parce que l’on peut voir la passion des gens autour de nous.
Le Réveil : Merci.
Signature : Beaudry Labossière, blaboss2@monusb.ca
[1] Commencé en 2018 en suède par Greta Thunberg comme un mouvement jeunesse contre l’inaction climatique.

