Éditorial : Et maintenant ?

Cette édition du Réveil est spéciale. Elle marque la fin d’une année, la fin d’un mandat et, pour moi, la fin d’un parcours universitaire qui m’a profondément transformée. Après ces années passées à écrire, à éditer, à réfléchir, à douter et à recommencer, je tourne une page importante de ma vie. Mais je ne la tourne pas avec tristesse. Je la tourne en pleine conscience.

Nous parlons souvent des fins comme des ruptures. Pourtant, il s’agit rarement de ruptures nettes. Ce sont plutôt des transitions. Ça nous force à regarder ce qu’on laisse derrière nous et à nous demander ce qu’on emporte avec nous. Être rédactrice en chef du Réveil n’a jamais été qu’un titre pour moi. C’était une responsabilité. La responsabilité de veiller sur les mots, de protéger un espace de réflexion et d’encourager les voix étudiantes à s’exprimer avec rigueur et authenticité.

À travers de nombreuses éditions, j’ai appris que diriger un journal étudiant signifie accepter de ne pas avoir toutes les réponses. Cela signifie créer un lieu où l’on peut poser des questions sans crainte, réfléchir collectivement, même lorsque l’on n’est pas d’accord, et où l’on comprend que l’engagement intellectuel est un acte qui demande du temps, de l’écoute et, parfois, du courage.

Aujourd’hui, je quitte ce poste, mais je ne renonce pas à cette responsabilité. Chaque fin s’accompagne d’une obligation morale de poursuivre ailleurs ce que nous avons commencé ici. En réfléchissant profondément, en posant des questions respectueuses et en nous engageant avec intégrité.

Je pars également l’esprit tranquille, car Le Réveil sera entre les mains d’une personne remarquable, engagée et passionnée. Je sais que ce journal continuera d’évoluer, de grandir et de susciter les réflexions nécessaires. Cela me rappelle une citation du Petit Prince : « La fin d’une chose marque le début d’une autre » (Saint-Exupéry, 1943). Cette citation résonne particulièrement fort aujourd’hui. Elle nous rappelle que les départs ne sont pas des absences, mais des transmissions.

Diplômée et ancienne rédactrice en chef. Ces mots définissent une étape, mais ils ne définissent pas tout ce que je deviendrai. Ce dont je me souviens le plus, c’est la force d’une communauté capable de réfléchir ensemble. Des étudiants qui osent écrire. Des lecteurs qui prennent le temps de s’informer. Une équipe qui croit au pouvoir des idées.

Si je devais laisser un souhait derrière moi en quittant ces pages, ce serait celui-ci : n’arrêtez jamais de vous poser des questions. Un chapitre se termine pour moi. Un autre commence, ailleurs. Et tandis que je tourne cette page, Le Réveil continue d’écrire la sienne.

Signature : Imane El Aaji, aeredact@monubs.ca

 

Référence :

Saint-Exupéry, A. de, (1943). Le petit prince. Reynal and Hitchcock.

 

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