Baisse du nombre de permis d’études : quelle répercussion pour l’USB?

Description de la photo : Dibi Christian

Le gouvernement du Canada a récemment changé ces règlements concernant le nombre de permis d’étude émis chaque année, mais ces changements ne sont pas sans impacts. Ils stimulent l’agnosie chez les élèves et laissent les universités dans une situation difficile à naviguer.

Selon Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, en 2026, 408 000 permis d’études pour les étudiants internationaux vont être émis. Dont 155 000 pour de nouvelles arrivées et 235 000 extensions pour les étudiants, actuellement aux études ou y retournant. Cela repressente une baisse de 7 % depuis 2025 et de 16 % depuis 2024.

Dibi Christian, un étudiant originaire de la Côte d’Ivoire, explique avoir fait le choix d’étudier au Canada en raison de la reconnaissance mondiale de son système d’éducation et de la possibilité de faire ses études en français. Présent au Canada depuis 2023, il explique que, bien qu’il ne soit pas directement affecté par les changements de règlements, qui touchent principalement les nouvelles demandes de permis d’études, il se sent toutefois inquiet et stressé face à la possibilité que les règles changent avant qu’il ne termine ses études.

 

« C’est assez stressant de devoir conjuguer avec une instabilité [dans les règles pour les étudiants internationaux], parce qu’on sacrifie beaucoup de choses pour venir ici. »

 

Il explique aussi se sentir comme si les promesses qui aurait été faite aux étudiants internationaux ne sont pas nécessairement respecté. Selon lui, cette situation cause une nervosité additionnelle et augmente la charge mental e déjà lourde des étudiants.

 

« Le stress est un élément majeur, mais il ne faut pas enlever le côté positif. Tu es content d’être là, d’étudier. »

 

Selon lui, ce sentiment d’angoisse n’est pas un évènement isolé. Il explique avoir dû supprimer certains réseaux sociaux en raison de l’environnement trop stressant et de la circulation de nombreuses mésinformations sur la situation.

 

Beydi Traoré, directeur de l’Association étudiante de l’Université de Saint-Boniface (AEUSB), reconnait la présence d’un sentiment de nervosité parmi les étudiants internationaux. Il explique que le manque d’informations claires et fiables n’aide pas à soulager les inquiétudes. « Il y a une incompréhension de ce qui se passe », ce qui crée de la confusion chez les étudiants et n’aide pas à atténuer leur nervosité.

 

Il explique aussi que les politiques gouvernementales affectent les décisions que les étudiants doivent prendre et que l’incertitude entourant les règles ne leur permet pas de planifier leur avenir à long terme. Il mentionne que, lorsqu’il est arrivé au Canada, il avait la possibilité « de se projeter assez facilement, ce qui lui a permis de bâtir quelque chose », mais que « ce n’est pas très évident pour les étudiants actuels ». Il ajoute que certains étudiants changent de programme d’études vers des domaines plus en demande afin d’augmenter leurs chances de rester au Canada.

 

De son côté, l’Université de Saint-Boniface explique ne pas avoir observé de baisse significative dans le nombre d’étudiants internationaux (hors période de la COVID-19). Robert Daudet, directeur du recrutement et des services à la population étudiante, l’explique dans un courriel.

 

« Depuis l’hiver 2025, la demande est revenue à des niveaux plus proches des chiffres historiques. Le total de nouveaux étudiants internationaux pour l’année 2025-2026 (sessions d’automne et d’hiver combinées) est d’environ 65 étudiants (chiffre exact non encore disponible en raison de l’inscription active pour la session d’hiver). »

 

Il explique aussi que l’Université de Saint-Boniface (USB) n’a pas observé de baisse significative d’intérêt de la part des étudiants internationaux et que l’USB a connu une croissance stable du nombre d’étudiants internationaux au cours de la dernière décennie. Toutefois, il souligne que l’Université doit demeurer vigilante et prête à réagir face à la conjoncture politique.

 

« Nous avons l’avantage que le Canada a des objectifs francophones ambitieux. »

 

Selon lui, l’USB est moins dépendant du financement provenant des étudiants internationaux, ce qui fait en sorte qu’elle « ne dépend donc pas autant de ces frais de scolarité pour financer [ses] programmes et services ».

 

Finalement, il explique que le nombre d’étudiants en provenance des programmes d’immersion et de la DSFM a augmenté au cours des dernières années et il estime que cette croissance va se poursuivre.

 

Signature : Beaudry Labossière – Blaboss2monusb.ca  

Photo : courtoisie de Dibi Christian

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